La bonne étoile

Publié le par Sandrine et Igor

Il était une fois, à quelque distance du tumulte de la ville, dans une belle vallée verdoyante, un jeune berger nommé Pedro qui vivait heureux dans une cabane en rondins de bois avec son chien et ses moutons.

          Pedro chérissait ses bêtes à tel point qu’aucune d’elles n’avait péri ni disparu depuis qu’il en avait reçu la garde de sa mère. De ce fait, la laine de ses moutons était la plus magnifique de la région. Il regrettait de ne pas savoir la filer mais il la vendait bien au marché.

          Un jour qu’il était sur la place, il entendit parler d’une bête féroce qui dévorait beaucoup d’animaux dans la région. Les hypothèses les plus folles couraient sur son compte, nul ne savait s’il s’agissait d’un chien enragé, d’un loup ou d’un tout autre animal. Inquiet, il renforça la clôture de la prairie, où paissaient ses moutons, en rentrant.

          Une nuit, alors qu’il dormait paisiblement, brillait au dessus de sa tête comme toujours sans qu’il le sache, une petite étoile. C’était l’âme de sa mère, réincarnée en astre, qui l’observait avec une tendre sollicitude du ciel. Cette nuit là, l’étoile vit  avec horreur une sinistre bête se diriger vers l’étable où dormait les moutons de Pedro.

          Pour alerter son fils, l’étoile concentra tous ses rayons, toute sa lumière vers la petite fenêtre de la chambre du berger. Réveillé par cette clarté soudaine et par les aboiements de son chien,  Pedro se pencha à la fenêtre et vit une ombre massive qui marchait vers la bergerie.

          Muni d’une corde et les mains protégées par des gants, il se dirigea à pas de loup sur la bête qu’il maîtrisa en l’étranglant à demi avec la corde.

          L’animal, ficelé par les pattes et muselé, se révéla, après examen, un chien souffrant de la rage. Pedro l’enferma dans sa cave avec de la nourriture et de l’eau, le libérant en attendant de pouvoir consulter le vétérinaire pour le soigner.

 

          Le lendemain, en ville, comme à l’accoutumée, habillée de haillons raccommodés avec minutie et amour, Carla, une petite vendeuse de fleurs, s’apprêtait à rentrer chez elle avec les quelques bouquets qui lui restaient. Le ciel était dégagé, la lune et les étoiles brillaient, Carla les admirait tout en marchant. Des pas la suivaient mais elle n’en n’avait pas conscience.

          Pendant ce temps, la petite étoile regardait la ville à la recherche d’une bonne âme pour son fils. Elle observait Carla quand elle vit qu’un individu louche la suivait. Elle brilla de ses mille feux, aveuglant ainsi la jeune fille qui se retourna et vit le malfrat prêt à fondre sur elle. Elle s’enfuit en courant de toutes ses forces, sortant de la ville pour aller se cacher dans la forêt.

          La bonne étoile guida ses pas jusqu’à la cabane du berger. Elle frappa, demandant l’hospitalité, et raconta ses mésaventures à Pedro. Il lui proposa de dormir dans son salon où elle serait en sécurité.

          Au petit déjeuner, devant un feu qui crépitait, ils conversèrent longtemps. Carla admira le courage dont Pedro avait fait preuve avec le chien enragé. Connaissant la vertu médicinale des plantes, des herbes et des fleurs, elle lui proposa de partir dans la vallée cueillir l’antidote contre la rage.

          Accompagnés du chien de Pedro, ils se mirent en route. Pedro découvrit en Carla une personne éprise de la beauté de la nature. Tout comme lui pour les animaux, rien ne lui échappait des secrets surgis de la terre. Elle lui apprit ainsi à reconnaître et à apprécier d’un œil nouveau les pouvoirs et les remèdes cachés dans les fruits, les écorces, les insectes, les feuilles et le pistil des fleurs.

          Ils revinrent victorieux, main dans la main, avec un magnifique bouquet de fleurs de surcroît. Le chien malade guérit en quelques jours et Pedro put bientôt lui apprendre à être un bon gardien de troupeau. Carla ne rentrait plus dans sa misérable petite chambre en ville, elle ne vendait plus de fleurs, elle tricotait désormais avec la laine des moutons, assisse à côté de Pedro qui travaillait sur les plans d’agrandissement de leur maison en surveillant ses bêtes.

          La bonne étoile, là-haut, se réjouissait de leur bonheur. Elle sentait ses forces décliner à mesure que sa mission sur Terre était remplie. Une nuit, aussi discrètement qu’elle était montée au ciel, elle en redescendit. De la petite fenêtre de leur chambre, les deux amoureux virent une étoile filante et firent un vœu à cet instant, le même souhait, n’en doutez pas, car ils furent heureux toute leur vie durant.

Publié dans conte merveilleux

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