L'escapade de Noël

Publié le par Sandrine et Igor

Il était une fois un bûcheron qui vivait avec sa famille dans une cabane en rondins de bois sur le versant d’une montagne. Il était très pauvre car il avait cinq enfants en bas âge qui ne pouvaient le seconder dans son dur labeur. Il coupait du bois du matin au soir mais l’argent qu’il lui rapportait lui suffisait à peine à nourrir les siens.

Pourtant, le soir de Noël approchant, son plus profond désir était de leur faire plaisir et de pouvoir leur offrir autres choses que de pauvres jouets qu’il avait lui-même sculptés dans du bois. En tout premier lieu, ce qu’il voulait était un magnifique jeune sapin qu’il pourrait déplanter aisément pour le mettre dans son jardin et le voir grandir avec ses enfants. Mais, ce n’était pas simple car beaucoup d’hommes avaient déjà pillé la forêt pour ramener à la ville les arbres de Noël. Aussi, Ferdinand, notre bûcheron, décida t’il d’aller sur l’autre versant de la montagne, où il ne se rendait jamais, dans l’espoir d’y trouver son bonheur. Il marcha longtemps, alourdi par ses raquettes qu’il avait mises pour ne pas glisser dans la neige avant d’arriver en un lieu de la montagne où il vit exactement le petit arbre dont il rêvait. Il était planté juste à côté de l’entrée d’une grotte et la terre n’était pas trop gelée à cet endroit. Tandis que Ferdinand creusait autour de l’arbre, sa pelle heurta la roche et le bruit du métal résonna en écho dans la montagne. IL n’y prêtait pas garde, le dos tourné à la grotte quand une énorme ombre lui sembla le recouvrir. Il se retourna lentement et vit une étrange créature beaucoup plus grande que lui et couverte de poils.

-Etes-vous ce que l’on nomme le Yéti ? demanda le bûcheron, d’une voix inquiète.

-C’est bien moi, répondit la créature d’une voix rude, encore que je trouve ce nom tout à fait injuste. Je ne suis jamais qu’un homme un peu plus poilu et plus grand que les autres. Mon père était un géant et ma mère une humaine. J’ai du me réfugier ici car l’on ne m’aime nulle part.

-C’est bien triste, dit Ferdinand, mais moi, je n’ai rien contre toi.

-Je suis content de ne pas effrayer quelqu’un pour une fois, dit le Yéti. Que fais-tu ?

-Je désire emporter cet arbre en guise de premier cadeau pour mes enfants pour Noël, expliqua le bûcheron.

-Il décorait joliment l’entrée de ma maison, dit le Yéti, mais je consens à ce que tu l’emportes si tu m’invites à passer Noël avec toi et ta famille. Ce jour-là, je suis plus triste encore que les autres d’être seul.

-Je comprends, dit le bûcheron. Les enfants seront contents de te voir et de t’écouter surtout si tu leur racontes des histoires.

-J’en connais plein, dit le Yéti, surtout des histoires de géants qu’ils n’ont jamais du entendre. Laisses moi t’aider avec ce sapin, c’est facile pour moi.

          Le Yéti saisit le tronc de l’arbre dans une de ses énormes mains et le souleva puis il insista pour aider Ferdinand à le ramener chez lui.

-Je suis si content de pouvoir parler à quelqu’un, lui dit-il.

          Sur le chemin du retour, ils virent un renne qui était perché sur un roc au bord d’un précipice et paraissait sur le point de se jeter dans le vide.

-Hé la, l’ami, lui dit le bûcheron, si tu veux en finir avec la vie, consens plutôt à servir de repas de Noël à ma famille. Que t’arrive-t-il ?

-Vois mes bois, dit le renne, je suis la honte de tous les rennes. Ils n’ont pas poussé, ils sont tous riquiquis, j’ai l’air de rien, tous les autres rennes se moquent de moi. Mon grand-oncle avait été choisi pour être l’un des rennes conduisant le traîneau du père Noël. Maintenant qu’il se fait vieux, j’espérais le remplacer mais jamais le père Noël ne voudra de moi sans bois. Je nuirais à son prestige.

-Je ne connais pas le père Noël, dit Ferdinand, mais je pense que c’est un homme bon. Sans cela, il ne distribuerait pas des cadeaux à tous les enfants de la Terre. A ce propos justement, je me proposais de lui rendre visite car il ignore mon existence et surtout celle de mes enfants parce que je suis le seul  humain habitant cette montagne. Il n’a pas pu voir ma maison comme elle est cachée par la forêt. Viens rendre visite au Père Noël avec moi, je suis sûr qu’il fera quelque chose pour toi.

-C’est entendu, dit le renne, je m’appelle Briquet et je vais t’y conduire. Je sais où habite le père Noël, j’y aie déjà été voir mon grand-oncle quand j’étais petit.

-Je voudrais bien venir avec vous, dit le Yéti. Ne pensez-vous pas qu’il pourrait trouver une solution pour que je ne sois plus seul ?

-Je pense qu’au père Noël, tout est possible, dit le bûcheron.

                    Il déposa le sapin dans sa maison, prévint sa femme qu’il partait pour le pôle nord et serait rentré pour Noël, embrassa ses enfants et partit avec ses deux compères.

-Montez sur mon dos, dit Briquet. Comme tous les rennes descendant des rennes du père Noël, je sais voler.

-Tu vois, le réconforta le Yéti, c’est plus utile que d’avoir des bois qui ne sont qu’une décoration. Il ne faut pas s’arrêter aux apparences.

          Ils volèrent vite et longtemps, plus vite que le vent, jusqu’au pôle nord. Enfin, ils virent le grand village où officiaient le père Noël, la mère Noël et leurs lutins. Il y avait des lumières allumées partout, des enclos plein de rennes, les clochettes des bonnets des lutins tintaient gaiement tandis qu’ils emballaient les cadeaux. Il y avait des paquets de toutes les formes et de toutes les couleurs, quantité de chevaux à bascule, trains électriques, poupées, peluches et ballons. Tout ce dont peut rêver un enfant était là. Il y avait une aire d’atterrissage pour les traîneaux des visiteurs. Briquet s’y posa. Un lutin leur donna un ticket avec un numéro de rendez-vous avec le père Noël et les fit patienter dans une belle salle où une petite fille leur proposa des bonbons et des chocolats. Enfin, ils arrivèrent dans le bureau du Père Noël.

Celui-ci était en train de se faire coiffer la barbe. Il les salua gaiement et leur demanda ce qu’ils désiraient. Il reconnut Briquet :

-Eh bien, toi, dit-il, tu as trois jours d’avance, je comptais venir te chercher avec mon traîneau, passé ce délai, pour t’intégrer à mon équipe.

-Comment ? dit Briquet. Vous êtes sûrs que vous voulez de moi alors que je n’ai pas de bois ?

-Je peux faire feu de tout bois, rit le Père Noël. Tu sais voler plus vite et mieux que la plupart de tes congénères et, surtout, je sais que ton cœur m’est fidèle. C’est ce que tu as dans le cœur et non comment est fait ton corps qui compte.

-Alors vous pourrez peut-être faire quelque chose pour moi, dit le Yéti. J’ai un cœur qui palpite mais personne n’en veut.

-Tu n’as pas cherché assez loin, dit le père Noël. J’ai vu, l’an dernier, dans l’Himalaya une charmante personne dont l’aspect n’était pas très éloigné du tien. Je te déposerais là-bas dans mon traîneau en y faisant ma tournée.

-Si je puis me permettre de vous demander aussi quelque chose, dit le bûcheron. J’habite dans un coin si reculé des Alpes que vous ignorez l’existence de ma maison mas j’ai cinq enfants dont la plus grande joie serait votre visite.

-Monte sur mon traîneau aussi, dit le père Noël, tu m’indiqueras ta maison en cours de route et j’y descendrais avec toi.

          Les trois amis montèrent dans le traîneau avec le père Noël. Briquet était aussi passager car le père Noël voulait qu’il voie le travail de son grand-oncle avant de pouvoir lui succéder. Ils firent le voyage le plus extraordinaire qui soit, pour le père Noël, le temps est démultiplié, ils furent partout à la fois sans réaliser par quel prodige. Un instant, ils étaient en Inde, le suivant, ils furent à la cabane du bûcheron. Les enfants de ce dernier eurent tous des cadeaux exceptionnels mais le plus beau d’entre eux fut pour eux de voir le père Noël et le Yéti en chair et en os et de les entendre leur raconter des histoires. Puis le père Noël, le Yéti et Briquet reprirent leur route laissant la famille continuer à festoyer. Le Yéti trouva l’amour avec une femme mi géante qui lui ressemblait et Briquet fut si aimé des autres rennes du Père Noël et de ce dernier qu’il en oublia ses bois.

          Tous les ans, dans la cabane du bûcheron, le père Noël fait une petite halte prolongée, il a avec lui Briquet, le Yéti et sa femme qui viennent réveillonner avec eux. Leurs cris de joie retentissent à travers toute la montagne.

 

Publié dans conte merveilleux

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